Why Canada Needs Africa | TheFutureEconomy.ca
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Le texte français suit ci-dessous.

The Africa of 2024 remains marked by the continent’s desire to take its destiny into its own hands and to free itself from the constraints of the past. It questions its alliances in the light of a single criterion: Africa’s interests. In this new context, the proposals of the world’s powers are carefully examined.

The major players have grasped this new situation. The United States, China, the European Union, the Gulf countries, Russia, Turkey, Japan, South Korea and India, to name a few, are competing to partner with Africa.

“Africa has the largest solar energy potential in the world, with 60% of the ideal locations for developing it.”

They understand that Africa is the continent of tomorrow and an essential partner. In 2050, one out of every four humans will be African; by the end of the century, that will climb to out of three. The region is also home to 60% of the world’s uncultivated arable land, 30% of the world’s reserves of essential minerals and 10% of its natural gas. According to the International Energy Agency, Africa has the largest solar energy potential in the world, with 60% of the ideal locations for developing it. Finally, according to the International Monetary Fund, 11 of the 20 countries with the strongest economic growth in the world will be in Africa in 2024.

African male politician in suit sitting at table with his colleagues and answering questions asking by journalist at press conference

The world is also gradually becoming aware of the significance and diplomatic influence of this continent. With its 54 countries, African countries are more than a quarter of the 193 member countries of the United Nations. This increasingly independent diplomatic force was clearly demonstrated when African states were approached in the context of the Russian invasion of Ukraine: during the vote on the resolution of March 2, 2022, condemning Russia, 16 African countries chose to abstain. 

Canada has also learned, the hard way, that African votes are decisive for countries seeking a non-permanent seat on the United Nations Security Council. Canada’s second consecutive failure to win this strategic position in June 2020 has cast a harsh light on the Canadian government’s belated attempts to rally the continent’s votes. The prime minister’s visit to the headquarters of the African Union took place just a few months before the election.

“From Canada’s ecological transition to its labour shortage, from its access to the world’s major diplomatic forums to the drivers of economic growth, and to the export opportunities of its companies, Canada’s future lies in Africa.”

For Canada and the world, efforts to solve the challenges of our time run through Africa. From Canada’s ecological transition to its labour shortage, from its access to the world’s major diplomatic forums to the drivers of economic growth, and to the export opportunities of its companies, Canada’s future lies in Africa. 

As such, the silence of the Canadian government is deafening. Begun more than two years ago, Canada’s Africa Strategy remains a vague project with an unclear timeline. Canada thus remains on the sidelines, a mere observer of the actions of other powers.

In this worrying context, I am proud that the Senate of Canada has taken up its own responsibilities. Under the leadership of Senator Peter M. Boehm, chair of the Senate Committee on Foreign Affairs and International Trade, our committee has begun a comprehensive study of Canada’s interests and engagement in Africa. Since December 2023, the committee has heard from more than 35 witnesses on key themes such as trade and investment, international development, peace and security, and governance. The committee will make concrete recommendations in a report that we hope to publish by the end of the year. Once again, the Senate remains at the service of Canadians by drawing on the experience of its members to conduct in-depth studies, one of its great strengths.

In a session dedicated to the study on Africa, one of the witnesses, Stanley Achonu, made the following observation: “Canada needs Africa more than Africa needs Canada.” It is time for our decision-makers to listen.


Version française

Pourquoi le Canada a besoin de l’Afrique

L’Afrique de 2024 reste marquée, sans doute plus que jamais, par le désir du continent de prendre son destin en main et de s’affranchir des tutelles et des modèles du passé. Il questionne ses alliances d’alors à l’aune d’un seul critère : celui de ses intérêts et non plus de ceux des autres. 

Dans ce contexte nouveau, l’offre de chacune des puissances de la planète est examinée et mise en concurrence.

Une part écrasante des grands joueurs de la planète a saisi cette nouvelle donne.  Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, les pays du golfe, la Russie, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, pour ne citer qu’eux, rivalisent d’offres de partenariats innovants avec ce continent 

« Onze des vingt pays ayant la croissance économique la plus forte au monde seront en Afrique en 2024. »

Ils ont compris que l’Afrique était le continent de demain un partenaire incontournable. En 2050, un habitant sur quatre sera Africain, un sur trois le sera à la fin du siècle. La région abrite en outre 60% des terres arables non cultivées de la planète, 30% des réserves mondiales de minéraux essentiels, 10% du gaz naturel. Elle possède aussi, selon l’Agence internationale de l’énergie, le plus important potentiel d’énergie solaire au monde avec 60 % des emplacements idéaux pour la développer. Enfin, d’après le Fonds monétaire International, onze des vingt pays ayant la croissance économique la plus forte au monde seront en Afrique en 2024.

African male politician in suit sitting at table with his colleagues and answering questions asking by journalist at press conference

Progressivement, le monde prend aussi conscience du poids et de l’influence diplomatique du continent.  Avec ses 54 pays, les pays africains constituent près de 28% des 193 pays membres des Nations Unies. Cette force diplomatique, de plus en plus indépendante, s’est manifestée de manière éclatante lorsque les États africains ont été démarchés dans le contexte de l’invasion russe en Ukraine : lors du vote de la résolution du 2 mars 2022 condamnant la Russie, 16 pays africains ont préféré s’abstenir. 

Le Canada a aussi appris, à ses dépens, que les votes africains sont décisifs pour obtenir un siège non permanent au conseil de sécurité des Nations-Unies. Son deuxième échec consécutif, en juin 2020, à se saisir de cette place stratégique a jeté une lumière crue sur les tentatives, bien tardives, du gouvernement canadien à rallier les votes du continent, expédiées quelques mois seulement avant le scrutin par une visite du premier ministre au siège de l’Union africaine.

« De sa transition écologique à sa pénurie de main-d’œuvre, de son accès aux grandes enceintes diplomatiques mondiales aux relais de sa croissance économique, en passant par les débouchés à l’export de ses entreprises, le futur du Canada passe par l’Afrique. »

L’Afrique est ainsi devenue le passage obligé du monde et tout particulièrement du Canada pour résoudre les défis de notre temps. De sa transition écologique à sa pénurie de main-d’œuvre, de son accès aux grandes enceintes diplomatiques mondiales aux relais de sa croissance économique, en passant par les débouchés à l’export de ses entreprises, le futur du Canada passe par l’Afrique. 

À cet égard, le silence du gouvernement canadien est assourdissant. Entamée il y a plus de deux ans, la stratégie du Canada pour l’Afrique reste un projet vague et doté d’un échéancier flou. Le Canada reste ainsi sur le banc de touche, comme simple observateur de l’activisme des autres puissances.

Dans ce contexte préoccupant, je suis fière que le Sénat du Canada ait pris ses responsabilités. Sous la houlette de mon estimé collègue le sénateur Boehm, président du comité permanent des Affaires étrangères et du commerce international, nous avons entamé une vaste étude sur les intérêts et l’engagement du Canada en Afrique. Depuis décembre 2023, le comité a entendu plus de 35 témoins sur des thématiques primordiales, comme le commerce et l’investissement, le développement international, la paix et la sécurité, ainsi que la gouvernance. Il formulera des recommandations concrètes avec un objectif de publication à la fin de l’année. De nouveau, le Sénat reste au service des Canadiens en mettant à profit l’expérience de ses membres pour la conduite d’études approfondies, qui constituent l’une de ses marques d’excellence.

Lors d’une séance dédiée à l’étude sur l’Afrique, l’un des témoins écoutés, Stanley Achonu a eu les mots suivants : « Le Canada a davantage besoin de l’Afrique que l’Afrique n’a besoin du Canada ». Il serait temps que nos décideurs l’entendent.